Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol                                       PARU DANS  LES CAHIERS DE L’ HISTOIRE numero 13 - 2008

 

 

VISITE DE MONSIEUR LE COMTE DE PROVENCE A SAINT FERREOL
LE LUNDI 23 JUIN 1777.

(d’après une recherche de Paul Redon)

Document de la Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol

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Ces photographies reproduisent la peinture murale de la grande salle à manger de l’ Hôtel de la Renaissance à Saint Ferréol, exécutée dans les années 1950 par Monsieur Jean Claude Balayé (professeur de dessin à l'école de Soréze).

Cette peinture représente la visite faite dans notre région le 23 juin 1777, par Louis Stanislas Xavier, comte de Provence, dit Monsieur, frère cadet de Louis XVI.

 

 

Ce voyage avait été entrepris à l’instigation du Roi, soucieux de « raviver le sentiment monarchique des populations ».

Monsieur était donc arrivé à Toulouse le vendredi  20 juin 1777.

 

 
Il repartit le dimanche suivant au matin par le Canal Royal du Languedoc, et gagna Saint Papoul où il fut l’hôte de l’évêque, Mgr. D’ Alzac.

 

 

                        

 C’est de cette ville qu’il fit route le 23 juin pour se rendre au grand « réservoir de Saint Ferréol » par un chemin remis à neuf par les Etats du Languedoc.

Monsieur était venu chez nous avec un double but :

- d’une part visiter le barrage de Saint Ferréol qui depuis sa construction en 1667 était considéré à juste titre, comme la huitième merveille du monde

- et d’autre part inspecter la toute nouvelle école militaire de Soréze, créée l’année précédente et destinée, selon une formule très moderne, à la formation intellectuelle et morale des jeunes gentilshommes promis aux carrières militaires.

 

Le déplacement du frère du Roi constituait pour l’époque un événement considérable dans toute la lointaine province du Languedoc.

Il donna lieu à un grand mouvement de troupes afin de donner une escorte digne d’un prince de sang au frère du Roi, notamment de plusieurs escadrons du régiment de Languedoc - dragons, qui cantonnaient juste à ce moment là dans les « casernes » de la rue des Ecuries de notre ville de Revel, et aussi de la milice revéloise, alors connue sous le nom de « Volontaires de Revel ».

 

                                          

Cette formation héritière de la vieille milice d’auto-défense du temps de la bastide de Vauré et de la fondation de Revel, était forte de deux compagnies de 80 à 100 hommes chacune : une compagnie d’infanterie et une compagnie à cheval qu’on appela vite la compagnie des « dragons de Revel ».

 

FIGURES : brillants uniformes, nullement chamarrés de cette jeunesse de Revel, uniformes tout à fait à la mode militaire du jour, avec comme coiffure le casque de dragon venu d’ Autriche, qui faisait littéralement fureur parmi les officiers de cavalerie.

 

 

         

  

Ne figurent que les uniformes verts des dragons du régiment de Languedoc. Les dragons de Revel portaient un uniforme bleu (roi).

La peinture de M. Balayé, nous montre aussi une vue de Saint Ferréol, tel qu’il était avant la grande plantation de pins, entreprise seulement au début du XXème siècle.

Les rivages du nord étaient alors faits de prairies appartenant à plusieurs métairies : En Teste, Le Piot (devenu aujourd’hui La Renaissance), et Soujol (à hauteur de l’Hôtellerie du Lac), dont on voit les toits rouges à droite sur la photo d’ensemble.

 

 

             

 

Le « réservoir » de Saint Ferréol était un but de tourisme, bien que ce mot n’existat pas à ce temps là.

Nombreux étaient les « voyageurs » qui faisaient un détour dans leur itinéraire pour venir l’admirer.

La grande curiosité consistait à pénétrer sous la « voûte d’Enfer » pour entendre le bruit « étonnant »

de l’eau sous pression dans les robinets de Riquet.

« Je croyais voir crever le plafond du réservoir et les montagnes des environs s’écrouler  sur nos têtes » nous raconte l’écrivain Marmontel à l’issue de sa visite vers 1760.

Saint Ferréol reçut encore plusieurs visites princières :

      - en juillet 1815 celle du duc et de la duchesse d’ Angoulème, neveu et nièce de Louis XVIII

-  en 1839, celle de Ferdinand-Philippe, duc d’ Orléans, le fils aîné de Louis Philippe, auquel les revélois firent un accueil magnifique.

-  le dernier prince visiteur aurait pu être Louis Napoléon III, « prince- président », en octobre 1852. Il avait lui aussi au cours de sa grande tournée, eu le désir de connaître Saint-Ferréol. Mais au dernier moment il se décommanda préférant inaugurer la voie ferrée Toulouse- Narbonne toute nouvellement construite.

 

 

 

COMTE DE PROVENCE Louis Stanislas Xavier                

 

Né à Versailles, le 16 novembre 1755, mort à Paris, le 16 septembre 1824. Héritier du trône jusqu'en 1781, Monsieur, frère du roi Louis XVI, avoué à son ami, le roi Gustave III de Suède avoir été très affecté de voir le trône lui échapper après la naissance du dauphin.

 Il n'en laisse cependant rien paraître et mène une vie fastueuse au Luxembourg, paraissant indifférent à la vie politique. Il tente au début de s'attirer la popularité en semblant reconnaitre les nouvelles forces apparues après la prise de la Bastille, mais est gravement compromis après l'affaire Favras. Toujours est-il qu'il n'émigre pas, à la différance d'Artois.

Il ne se décide à partir pour l'étranger qu'en même temps que le roi. Il a davantage de chance et arrive sans encombre aux Pays-Bas autrichiens.

 Réfugié à Coblence, poussant les puissances étrangères à attaquer la France, il rend la position du roi de plus en plus intenable.

 Il s'intitule régent après l'exécution du roi, roi sous le nom de Louis XVIII après la mort du dauphin (Louis XVII) au temple, en juin 1795. Il erre à travers l'Europe : Vérone, Blankenberg, Mitau, Menel, à nouveau Mitau, en Angleterre à partir de 1807.

 Il ourdit des intrigues qui toutes échouent : l'écrasement des Vendéens, l'échec de Quiberon, le 18 fructidor, sonnent le glas des espoirs de restauration.

Bonaparte n'écoute pas davantage la proposition qu'il lui fait de devenir le Monk français en le rappelant sur le trône. Louis XVIII ne rentre en France qu'en 1814, dans les fourgons des armées étrangères.

 Il est obligé de fuir piteusement à Gand pendant les Cent-Jours. C'est un viellard obèse et impotent qui règne sur la France jusqu'en 1824, d'abord tenté par une politique modérée dirigée par Decazes, puis après l'assassinat : du duc de Berri, de plus en plus débordé par les ultra-royalistes.

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